Les Grecs à Aulis
Ignorant qu’Esaque vivait toujours sous les ailes qui le déguisaient, Priam, son père, pleurait sa mort. Un tombeau, où il n’y avait de lui que son nom, avait reçu d’Hector et de ses frères de vains honneurs funèbres. Pâris n’était point là pour remplir ce triste devoir ; bientôt après il introduisait dans sa patrie, avec l’épouse qu’il avait enlevée, le fléau d’une longue guerre ; il y est poursuivi par mille vaisseaux conjurés et par toutes les forces du peuple Pélasge. La vengeance n’eût subi aucun retard, si la fureur des vents n’avait rendu la mer impraticable et si la Béotie n’avait retenu à Aulis la poissonneuse les vaisseaux prêts à partir.